Recueil d'anecdotes

Voilà, mon premier livre est achevé.

Il s'agit d'un recueil d'anecdotes issus des notes d'un patient atteint d'un cancer ORL.

Cette homme a eu la volonté d'écrire des passages de sa vie que j'ai exploités pour en faire un livre. Une expérience riche humainement, tant avec le patient que l'équipe soignante.

Voici un extrait sur le service militaire :

Vers 6h30, on prenait le petit déjeuner avec du pain d'Alsace bien frais, du beurre en plaquettes, du miel et de la confiture. C'était la première fois que je testais ce genre d'accompagnement sur du pain. J'ai trouvé ça très bon et je m'en suis enfilé quatre de rang. Michel Millet me disait que cette pratique était déjà courante à Paris et en région parisienne.

Après le repas, on fit notre toilette. On se lava les dents et la figure, oreilles comprises. Puis on s'habilla avec nos tenues militaires d'hiver alors qu'on avait des tenues légères dans l'armoire beaucoup plus adaptées à cette période de l'année. On nouait toujours nos rangers en dernier, d'autant qu'on nous obligeait à porter des chaussettes en mousse que je ne supportais pas. Quelle compagnie de faschos !

Il faisait tiède dès le matin. Des camions Berliet attendaient sur le parking, prêts à nous envoyer sur le champ de tir situé à 20km du camp.

On arriva vers 10h et on nous rassembla sur la place du champ de tir. On discutait, on faisait connaissance. C'est là que je rencontrai Patrick Simonin, né le même jour que moi dans la région de Dijon. C'était un grand gaillard d'1,98m pour 108 kg. Je me rappelle de lui car il faisait des grimaces très rigolotes. On a même fait des photos ensemble, debout sur un camion Berliet. Je fis aussi la connaissance de Gérard Rousseau, un gars du Massif Central, Alain Morin, un motard et armurier, et de Jean-Marc Prunier qui se mariera avec une alsacienne. D'ailleurs, on fut tous invités à sa noce. C'était un champion en électronique.

*

Il y eut le garde à vous obligatoire avant de passer au tir. On s'aligna chacun devant une cible. Il y avait 10 cartouches à tirer, à plat ventre. Distance 200 mètres.

Le capitaine, un officier de tir de Lambezellec, cria : « A mon commandement, feu ! »

J'ai mis les dix cartouches dans la cible du premier coup. Millet, situé deux cibles plus loin à ma droite, ne tira pas très bien. Je le voyais penaud avec ses grosses lunettes et constata que sa cible était presque dépourvue d'impacts.

Le capitaine passa me voir et me dit :

  • Pas mal le Breton.

Il m'appelait le Breton.

  • Tu as bien tiré tout à l'heure. Fais de même au 2è tour et tu verras.

Je me disais qu'il voudrait peut-être me garder dans la 5è compagnie et que du coup je ne verrai peut-être plus mes copains. Je partis voir Millet pour lui demander ce qui n'allait pas.

  • C'est tes yeux ou quoi ?

  • Bah non... J'aime pas trop ça les armes à feu, me répondit-il.

  • Je te propose de mettre quelques unes de mes balles dans ta cible, comme ça tu pourras rester avec nous.

Le deuxième round de tir commença. Encore dix cartouches à tirer. Je me mis à alterner deux tirs dans ma cible puis deux autres dans celle de Millet jusqu'à épuiser mon chargeur.

A la fin, le capitaine constata qu'il y avait six impacts dans ma cible et quatre dans celle de Millet. Je vis qu'il était en colère et il s'approcha de moi.

  • Je vois que le 1er TRS Le Gall ne veut pas rester dans la 5è compagnie ! On tire quelques unes de ses balles dans la cible de Millet. Je peux connaître l'explication d'un tel stratagème ?

  • Oui mon capitaine, lui répondis-je sans me démonter. C'est parce que Millet a du mal à tirer avec son fusil. Je crois même qu'il en a peur mais d'après ce que j'ai appris de lui, il a un grand bagage en électronique.

  • Ah oui. Je comprends. Et bien bonne route premier TRS Le Gall.

  • Merci mon capitaine.

Au final on quitta quand même la 5ème compagnie. Dommage, le capitaine était sympa. On fut mutés à la 4è compagnie de commandos. Millet sautait de joie."

Retour à l'accueil